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UCG : Collation des grades académiques et clôture de l’année académique 2023-2024

Ce lundi 16 septembre 2024, il s’est tenu une double cérémonie à l’Université Catholique du Graben à Butembo dans le Nord Kivu à l’Est de la RDC. Il s’agit  de la collation des grades académiques  et la clôture de l’année académique 2023-2024 en conformité avec les instructions du ministère de l’Enseignement Supérieur et Universitaire. Une célébration eucharistique dite par le Grand Chancelier de l’UCG a ouvert cette journée riche en couleur. Elle a été suivie cérémonie de graduation de 148 lauréats, la fermeture de l’année académique ; le tout arrosé par un cocktail en fin de journée.

 

Mgr l’Evêque Sikuli Paluku s’adressant aux lauréats a rappelé:

«Les racines de la science sont amères mais ses fruits sont délicieux».

En tant que Grand Chancelier de l’UCG, le célébrant de la messe de clôture, Son Excellence Monseigneur l’évêque dans son homélie a souligné que cette formation inculquée dans une université catholique a aussi pour but de donner les bases à l’élite intellectuelle pour qu’elle repende autours d’elle la culture de l’excellence, de la perfection  dans le «savoir-agir», «savoir-faire» et le «savoir-penser».

«Que le Seigneur vous aide à y parvenir», implore le berger de Butembo-Beni.

Ensuite, il invite les Lauréats à la  recherche  de la vraie sagesse en toute circonstance  pour une conduite digne dans la société.

« Être raisonnable, c’est être critique, savoir distinguer le bien et le mal, le vrai du mensonge et ne pas suivre l’esprit  de foule », explique-t-il en donnant cette exhortation : « Placer Dieu au centre de votre vie est la véritable clé  pour conduire sa vie avec sagesse.»

En fin, « se revêtir de compassion afin de servir la société  par les dons reçus de Dieu. »

En ce titre, « vous ne pouvez rester amorphes face à la situation  critique que traverse notre région, notre diocèse depuis des années et à la menace de Mpox alors que les souvenirs d’Ebola sont encore frais. Il faut passer de la résilience  négative à la résilience  positive.

Comme intellectuels,  devenez conscients  de vos responsabilités.

Rendons ensembles grâce à Dieu pour cette année académique qui s’achève et pour les partenaires  de l’enseignement qui sont les étudiants, parents, enseignants et tous les bienfaiteurs locaux et étrangers. Par cette eucharistie que Jésus touche nos cœurs » a-t-il ainsi conclu son homélie.

Cette messe dite dans la chapelle Saint Joseph de la paroisse Universitaire Saint Cyrille d’Alexandrie une fois finie donne la place aux cérémonies de collation des grades académiques et de clôture de l’année académique 2023-2024.

 

Elles ont lieu au perron du bâtiment administratif de l’UCG à l’ITAV où le décor était planté pour la circonstance.

Parmi les temps forts, le mot du Recteur Magnifique de l’Université Catholique du Graben, le Professeur Ordinaire Mafikiri Tsongo Angélus.

On en retient qu’il rappelle qu’en 35 ans d’existence cette jeune université qu’est la  nôtre se heurte  aux défis de la jeunesse.

« Parti du local, de rien, l’UCG est une œuvre de foi qui se taille sa place dans l’échiquier local, régional et international et c’est grâce au soutien de tous. En dépit de ces contraintes, vous manifestez toujours un intérêt pour son essor. Vous continuez à placer la confiance en elle, en nous envoyant ces jeunes pour suivre leur formation. J’espère que vous n’avez pas été déçus, ou bien vous ne serez pas déçus des jeunes que nous formons », remercie-t-il ainsi les parents des étudiants.

Défis sécuritaires et perte du personnel

 

Cette année qui a débuté le 13 Novembre 2023 et se clôture ce 16 Septembre  2024 a connu plusieurs évènements malheureux dont la mort de trois enseignants.

D’abord, le Professeur Valentin Vasombolwa, l’un des premiers professeurs à avoir répondu à l’appel du fondateur de l’UCG, Monseigneur Emmanuel Kataliko et qui jusqu’à sa mort était dévoué à la formation des jeunes agronomes.

Suivi par l’assistant Paluku Vasangavolo dit « PAVASSA » et du Chef de Travaux Djinga Patrice très apprécié par les étudiants pour sa méthodologie pédagogique d’apprentissage des matières difficiles comme les mathématiques.

Dans le contexte sécuritaire, certains enseignants hésitent à venir dans cette région rouge ce qui explique que les cours continuent  dans certaines facultés  dépendantes de cet apport extérieur.

En outre, le domaine foncier de l’UCG connait  une agression de certains descendants qui ne respectent pas les engagements pris par leurs parents depuis 3 décennies.  Heureusement, le secrétariat administratif multiplie des réunions, une soixantaine maintenant, pour résoudre ce problème.

« Depuis Août 2024, un groupe des wazalendo ont établi leur campement sur le site de l’UCG au Mont  Tabor. Les gens ont même peur d’aller à l’hôpital qui est dans la même région.  Que les autorités  urbaines trouvent un autre lieu adéquat pour le cantonnement de ce groupe », exhorte le Recteur Mafikiri Tsongo.

 

Par ailleurs, suite à la situation sécuritaire précaire, il y a de plus en des difficultés pour les parents de payer les frais académiques des étudiants car les familles sont disloquées  par la guerre qui détruit  les sources de revenus des parents. Ce qui impacte les activités  de l’université.

 

Des objectifs majeurs atteints

 

Néanmoins, certains objectifs majeurs ont été atteint comme ceux d’assurer un encadrement adéquat pour les étudiants, la formation des formateurs. Cette année, l’UCG a eu 6 nouveaux Professeurs  Associés et tous les membres du corps scientifique sont inscrits au troisième cycle. Sécuriser le secteur foncier de l’université, Enseigner dans les auditoires non pléthoriques, la construction de grands auditoires est en cours de finissage, l’amélioration de la desserte internet… autant des sujets abordés.

 

« Que cette cérémonie  soit aussi une occasion de remerciement pour vos interventions, votre bienveillance qui n’a pas de prix. Merci à Mgr Kataliko, Mgr Sikuli,  à l’Etat congolais qui prend en charge partiellement le personnel de l’UCG, aux parents et à tous », liste le Recteur.

 

En revenant sur les conseils fondamentaux  prodigués par Mgr l’évêque durant la messe, le Recteur rappelle aux lauréats que : « Votre mission est de rendre service à la société pour l’élévation de l’homme et de tout homme.

Un universitaire  qui termine les études  et qui reste à la maison pendant des années ce qu’il n’a pas fait l’université.  Vous devez aussi être des créateurs d’emplois. Ne devenez pas des médiocres. Science sans conscience n’est que ruine de l’âme », conclut le Recteur Magnifique.

Le rapport académique et la collation des grades académiques

 

Cette année qui est la dernière du chevauchement des deux systèmes académiques a été particulière.

Pour cette année, l’UCG a utilisé 96 professeurs dont 41 permanents.

145 membres du personnel scientifique dont 64 Chefs de Travaux  et 81 assistants.

Cette année académique a eu 1152 nouveaux étudiants pour un total de  3245 étudiants.

Parmi eux 6 étudiants  ont été exclus au courant de l’année pour tricherie et un pour imputations  calomnieuses à la suite d’une instruction qui prend en compte les moyens de défense de chacun souligne le garant de la qualité de l’enseignement et des valeurs dispensés.

Procédant à la proclamation des résultats pour cette première session, le SGAC note qu’il y a eu 14 réussites sur les 33 inscrits ayant passé les épreuves en facultés des Sciences Agronomiques, 7 sur 21 en faculté de droit, 12 sur 23 en Sciences Economiques et de Gestion, 80 sur 110 en médecine, 5 sur 10 en santé publique, 3 sur 4 en Sciences Sociales, Politiques et administratives, 6 sur 17 en médecine Vétérinaire, 21 sur 21 en Sciences Pharmaceutiques. Ce qui  fait 148 réussites sur 239 inscrits soit  57,6%  à la première  session.

Certains vont tenter leurs chances à la session de rattrapage au mois d’octobre.

A ces lauréats qui ont reçu leurs diplômes et à qui ont été conférés les grades y relatifs par le Recteur de l’UCG, le Grand Chancelier de l’UCG, Mgr Sikuli Paluku rappelle que la valeur d’une université  se mesure à sa capacité  à contribuer à la recherche  des solutions aux problèmes de la société.  Dans notre région ces problèmes sont sécuritaires, sociaux, sanitaires, économiques, etc

« Comme universitaires, nous avons la lourde responsabilité de contribuer au changement de notre monde en le faisant passer des conditions inhumaines aux plus acceptables », est le vœu du Grand Chancelier.

Cette journée bénie par la pluie  se clôtura par un banquet et un verre de rafraichissement, les célébrations dans les familles des lauréats et un retour à la concentration pour les candidats à la seconde session.

 

Rédigé par Hervé Mukulu

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