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UCG : Soutenances de DEA en Sciences Politiques – Enjeux électoraux et sécurité régionale au cœur des débats

Ce vendredi 13 février 2026, deux candidats ont défendu leurs mémoires en vue de l’obtention du Diplôme d’Études Approfondies (DEA) en Sciences Sociales, Politiques et Administratives (SSPA) au sein de l’École Doctorale de l’Université Catholique du Graben (UCG).

Évalués par un parterre d’éminences grises, leurs travaux ont porté sur deux problématiques majeures : la gouvernance électorale en RDC et la crise sécuritaire à l’Est du pays.

Le seuil électoral dans la gouvernance des élections en RDC : cas de la ville de Beni

Mémoire présenté par Eric KIKWAYA SOKULU (Science politique)

Ce travail analyse de manière critique l’application du seuil électoral dans le processus électoral congolais, à partir d’une étude empirique centrée sur la circonscription de Beni-Ville. Structuré en deux parties (cadre théorique et analyse empirique), le mémoire interroge la pertinence du seuil de représentativité (1 % au niveau national et 3 % au niveau provincial), instauré par les lois électorales de 2017 et 2022.

La problématique centrale est la suivante : le seuil électoral constitue-t-il un instrument de rationalisation du système partisan ou un facteur de distorsion de la volonté populaire ?

À travers une méthodologie mixte (analyse documentaire, entretiens semi-directifs, observation participante et traitement quantitatif des données électorales), l’auteur met en évidence les effets ambivalents du dispositif.

Les résultats démontrent que, si le seuil réduit la fragmentation partisane et encourage les alliances politiques, il entraîne parallèlement l’exclusion de nombreux partis et l’invalidation de milliers de suffrages. À Beni-Ville, son application mécanique a restreint l’accès à la représentation à quelques regroupements politiques, malgré une pluralité d’expressions électorales, alimentant ainsi la contestation et la méfiance citoyenne.

L’apport scientifique majeur réside dans l’analyse contextualisée du seuil électoral à l’échelle locale, combinant approche juridique, politique et mathématique (calcul du quotient électoral inspiré de la méthode de Jefferson).

En alternative, l’auteur propose un scrutin majoritaire à un tour fondé sur le principe du « plus grand nombre de voix », jugé plus inclusif et plus lisible pour l’électeur. Il plaide pour une réforme du cadre électoral congolais afin de concilier stabilité institutionnelle, représentativité effective et légitimité démocratique.

 

Les actions des organisations internationales à l’épreuve de la crise sécuritaire à l’Est de la RDC : cas de l’EAC, de la SADC et de la CIRGL

Mémoire présenté par Richard KASEREKA KASIVIREHI (Relations internationales)

Ce mémoire évalue l’efficacité des organisations sous-régionales face à la crise persistante à l’Est de la RDC. Inscrite dans une perspective croisant réalisme et libéralisme, la recherche examine un paradoxe central : pourquoi les mécanismes de sécurité collective promus par l’EAC, la SADC et la CIRGL peinent-ils à produire des résultats durables alors que la RDC et certains États impliqués dans la crise en sont membres ?

La méthodologie combine approche fonctionnaliste, analyse géopolitique, étude documentaire et observation désengagée. L’auteur mobilise également l’Analyse Factorielle des Correspondances (AFC) à l’aide du logiciel R Studio pour évaluer empiriquement les comportements des États membres.

Les résultats montrent que, malgré les sommets diplomatiques, les déploiements militaires (EACRF, SAMIDRC) et les initiatives telles que l’Accord de Luanda, les interventions étudiées n’ont pas permis une stabilisation durable. L’analyse révèle des divergences profondes entre condamnations publiques et intérêts stratégiques nationaux, traduisant une logique de puissance plutôt qu’un multilatéralisme effectif.

L’apport scientifique majeur réside dans la démonstration empirique, à travers l’AFC, que les dynamiques réalistes expliquent davantage les comportements régionaux que les approches libérales. La coopération observée apparaît conditionnée par la quête d’intérêts stratégiques.

En conclusion, l’étude recommande une approche intégrée de pacification, articulant réformes internes (gouvernance, professionnalisation de l’armée, gestion transparente des ressources naturelles) et refondation crédible des mécanismes sous-régionaux, fondée sur la neutralité, la justice transitionnelle et une coopération économique réellement équitable.

Ces deux travaux illustrent la vitalité scientifique de la Faculté des Sciences Sociales, Politiques et Administratives de l’UCG et la pertinence des recherches menées sur les enjeux institutionnels et géopolitiques contemporains de la RDC.

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