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M. Richard Kasereka Ndekeninge obtient son doctorat en Belgique : une thèse stratégique portant sur les déplacés internes dans le Nord.

UCG / Faculté de Droit – Rayonnement académique à l’échelle internationale.

 

L’Université Catholique du Graben (UCG) accroît son rayonnement scientifique mondial, avec la défense le 17 mars 2026 à l’Université d’Anvers (Belgique) de la thèse de doctorat en droit par M. Richard Kasereka Ndekeninge, enseignant à la Faculté de Droit de l’UCG.

Cette soutenance publique, organisée à la Faculté de Droit de l’Université d’Anvers, a eu lieu devant un jury international de premier plan ainsi que plusieurs doctorants de l’UCG poursuivant leurs recherches en Europe. Cela atteste du dynamisme académique et de la portée internationale de cette institution.

Une thématique au cœur des réalités du Nord-Kivu

Intitulée « Protection des déplacés internes et de leurs droits de propriété sur les biens quittés. Application au Nord-Kivu, en République Démocratique du Congo », la thèse de M. Ndekeninge s’inscrit dans une problématique à la fois juridique, sociale et humanitaire d’une brûlante actualité.

L’étude met en lumière une réalité souvent marginalisée dans les débats : la situation des droits de propriété des personnes déplacées internes (PDI) sur les biens abandonnés lors des déplacements forcés. Alors que les statistiques mondiales du déplacement interne sont déjà alarmantes, les conséquences sur les droits fonciers restent insuffisamment explorées.

Au Nord-Kivu, ces déplacements sont majoritairement causés par les conflits armés et les violations des droits humains, auxquels s’ajoutent des catastrophes naturelles et des dynamiques liées aux aires protégées comme le Parc National des Virunga.

Un cadre juridique encore insuffisant

Les résultats de la recherche révèlent que le cadre juridique existant, tant au niveau international qu’africain, demeure largement perfectible. Dominé par des instruments de soft law, il offre peu de mécanismes contraignants permettant de garantir effectivement les droits des déplacés.

Même des instruments régionaux comme la Convention de Kampala présentent des limites, notamment en ce qui concerne la protection des biens laissés par les PDI. Par ailleurs, leur mise en œuvre par les États reste insuffisante.

La thèse souligne également les faiblesses structurelles liées au rôle central attribué à l’État, particulièrement dans des contextes de fragilité institutionnelle ou lorsque les autorités elles-mêmes sont impliquées dans les déplacements.

Une complexité foncière spécifique au Nord-Kivu

L’un des apports majeurs de ce travail réside dans l’analyse fine des pratiques foncières au Nord-Kivu. Contrairement au cadre légal formel, les droits de propriété sont largement régis par des pratiques communautaires et coutumières.

Cette dualité entre droit écrit et pratiques locales crée une insécurité juridique importante pour les déplacés. Les modalités d’acquisition des terres – achat, location, métayage ou appartenance clanique – influencent fortement la capacité des PDI à récupérer leurs biens.

Ainsi, l’achat et l’héritage apparaissent comme les formes les plus protectrices, tandis que la location demeure particulièrement vulnérable en cas de déplacement prolongé.

Entre pratiques protectrices et dynamiques d’exclusion

La recherche met également en évidence l’existence de mécanismes communautaires de protection, tels que la suspension des redevances coutumières dans certaines zones affectées par l’insécurité, ou encore la redéfinition collective des limites foncières.

Cependant, ces initiatives coexistent avec des pratiques préoccupantes, notamment des appropriations foncières basées sur des critères ethniques ou des manipulations des limites territoriales dans certaines zones sous influence de groupes armés.

Vers des solutions durables et adaptées

Face à ces défis, la thèse plaide pour une approche équilibrée combinant le droit formel et les pratiques communautaires. Elle insiste sur la nécessité d’une synergie entre expertise juridique, compréhension anthropologique et implication des communautés locales.

Concernant la restitution des biens, bien que le droit international privilégie cette option, l’étude recommande d’intégrer davantage le recours à la compensation, notamment dans les situations où les conflits fonciers rendent le retour difficile ou potentiellement explosif.

Un jury international de haut niveau

La soutenance s’est déroulée devant un jury composé d’éminents professeurs issus de plusieurs universités :

  • Présidente : Prof. dr. Anne Van de Vijver (Université d’Anvers)
  • Directeurs de thèse : Prof. dr. Steven Dewulf et feu Prof. Koen De Feyter (Université d’Anvers)
  • Membres :
    • Prof. dr. Richard Mulendevu (Université Catholique du Graben)
    • Prof. dr. Eva Brems (Université de Gand)
    • Dr. Deborah Casalin (Université d’Anvers)
    • Prof. dr. Stefan Smis (Vrije Universiteit Brussel)
    • Prof. dr. Dirk Vanheule (Université d’Anvers)

Une fierté pour l’UCG

Cette soutenance constitue une avancée majeure pour l’Université Catholique du Graben, qui voit l’un de ses enseignants contribuer à la production scientifique internationale sur une problématique cruciale pour la région des Grands Lacs.

Elle illustre également l’engagement de l’UCG à former et promouvoir des chercheurs capables d’apporter des réponses concrètes aux défis locaux, tout en s’inscrivant dans les débats académiques globaux.

La présence de doctorants de l’UCG en Europe lors de cet événement renforce, par ailleurs, les perspectives de coopération scientifique et le rayonnement de l’université à l’échelle internationale.

Rédigé par Hervé Mukulu

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