
Face à la guerre oubliée, Giovanni Piumatti croit en la force des accords
Comme en Israël, à Gaza ou en Iran, une guerre tout aussi meurtrière se déroule à l’Est de la République Démocratique du Congo. Pourquoi ce silence face à tant de souffrances ?

Ce cri d’alarme a été lancé par l’abbé Giovanni Piumatti, prêtre italien en mission en RDC depuis 1971, lors d’un échange avec les étudiants de la Faculté des Sciences Politiques et Administratives de l’Université Catholique du Graben (UCG), ce vendredi 20 juin 2025.
Ancien curé de la paroisse Regina Caeli de Lukanga, l’abbé Piumatti s’inquiète de la détérioration de la sécurité dans les provinces du Kivu, marquées par l’activisme des ADF et les offensives du M23 soutenu par le Rwanda.
Pour lui, la médiation des États-Unis dans le différend entre Kinshasa et Kigali constitue un espoir. Il encourage à soutenir ce processus, susceptible de conduire à une désescalade des violences.
Le 18 juin à Washington, les délégations congolaises et rwandaises ont paraphé un projet d’accord de paix, sous l’égide du Département d’État américain.
L’abbé Giovanni Piumatti est un missionnaire fidei‑donum originaire du diocèse de Pinerolo (Italie). Il a servi durant plus de 50 ans dans le diocèse de Butembo‑Beni, dans le Nord‑Kivu (RDC), notamment dans les villages de Lukanga, Muganga, Kimbulu, et Goma. Aujourd’hui retiré en Italie, il reste en lien étroit avec les communautés qu’il a côtoyées en revenant régulièrement à Butembo, Beni et Goma.
En mars 2025, il a relayé un appel à la paix, rédigé par les étudiants de l’UCG, pour attirer l’attention médiatique sur les souffrances engendrées par la guerre autour de la région.
En dialogue avec la presse comme AgenSIR, l’abbé Piumatti a décrit des situations d’extrême violence : villages affamés, attaques régulières, kidnappings de mineurs, et terreur quotidienne imposée par des groupes armés (ADF, M23, etc.). Il témoigne que “la vie des jeunes ressemble à une prison”, victimes de violences constantes, blocus, et pillages.



