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UCG : Galilée Kambale Musavandalo obtient son doctorat avec Grande Distinction après une étude sur l’amélioration de la qualité du café arabica destiné à l’exportation

BUTEMBO – L’Université Catholique du Graben (UCG) a accueilli, le mercredi 30 septembre 2026, la séance de soutenance publique de la thèse de Kambale Musavandalo Galilée, Chef de Travaux au Département de Phytotechnie de la Faculté des Sciences Agronomiques. Sa recherche, consacrée aux « Défis d’amélioration de la qualité du café arabica destiné à l’exportation issu des petits exploitants caféiculteurs réunis en coopératives en région de Butembo », analyse les principaux facteurs qui affectent la qualité du café, depuis la plantation jusqu’à son exportation.

La séance s’est déroulée à la Salle de la Paix du CEFADES, suivant un programme comprenant notamment la présentation du candidat, son exposé scientifique, les interventions des membres du jury, les questions du public, la délibération à huis clos et la proclamation des résultats. PROGRAMME DE LA SEANCE DE SOUTE…

Une recherche centrée sur une filière stratégique pour la région de Butembo

La thèse part d’un constat : la région de Butembo dispose d’importants atouts agroécologiques pour la production du café arabica, mais peine encore à garantir une qualité stable et homogène jusqu’au marché international.

Selon le travail, la qualité du café ne dépend pas uniquement des conditions naturelles ou de la variété cultivée. Elle résulte d’une chaîne complexe comprenant notamment l’état des plantations, les pratiques culturales, la récolte, le traitement post-récolte, le séchage, l’entreposage, l’échantillonnage et le contrôle avant exportation.

La recherche souligne ainsi que l’amélioration de la qualité doit être envisagée comme un processus continu, allant de la parcelle du producteur jusqu’au lot finalement exporté.

Une étude menée auprès de 280 producteurs et 29 microstations de lavage

Pour documenter cette problématique, Kambale Musavandalo Galilée a adopté une approche descriptive, analytique et systémique.

L’étude s’est appuyée sur des enquêtes réalisées auprès de 280 producteurs, ainsi que sur l’analyse de 29 microstations de lavage du café (MSL), des infrastructures d’entreposage et des dispositifs de contrôle de qualité de quatre coopératives : CKK, CooKKanz, Coopade et Soprocopiv. Les investigations ont également porté sur le laboratoire de l’ONAPAC Beni et sur différents paramètres permettant d’évaluer la préservation de la qualité tout au long de la chaîne.

Cette démarche a permis au chercheur d’examiner simultanément la production, la transformation et la conservation du café arabica destiné à l’exportation.

Des plantations vieillissantes et des pratiques culturales encore irrégulières

Sur le plan agronomique, la recherche met en évidence le vieillissement des plantations de caféiers. L’âge moyen des plantations étudiées est de 31,1 ans.

À cette contrainte s’ajoutent des pratiques d’entretien encore rudimentaires et irrégulières, une maîtrise insuffisante de certains problèmes phytosanitaires ainsi que le recours à des matériels de plantation provenant de sources non certifiées.

Pour le chercheur, ces facteurs ne constituent pas seulement un problème de productivité. Ils influencent également la régularité et la qualité des cerises produites.

La thèse recommande notamment le renouvellement progressif des plantations, la production de matériel végétal de qualité, l’amélioration des pratiques culturales, une gestion plus raisonnée de la fertilité des sols ainsi que le renforcement de la protection phytosanitaire.

De la récolte au traitement : plusieurs points de fragilité

L’étude montre également que la qualité acquise dans les champs peut être fortement réduite lors des opérations post-récolte.

Le triage des cerises, le délai entre la récolte et le traitement, la fermentation, le lavage et le séchage figurent parmi les étapes identifiées comme sensibles.

Les observations réalisées dans les MSL révèlent notamment une hétérogénéité des pratiques de fermentation. Les durées observées varient entre 12 et 48 heures, selon les stations et leurs modes de fonctionnement. La recherche souligne que cette variabilité peut contribuer aux différences de qualité physique, chimique et sensorielle entre les lots.

La thèse relève également que la récolte n’est pas toujours suffisamment sélective. Des cerises présentant différents niveaux de maturité peuvent se retrouver dans un même lot, ce qui augmente les risques de dégradation de la qualité.

L’humidité et l’activité de l’eau : des facteurs majeurs de conservation

L’un des résultats importants de l’étude concerne les conditions de conservation du café.

Dans les quatre coopératives étudiées, les locaux de conditionnement avant exportation présentent une humidité relative supérieure à 80 %, tandis que les lots entreposés affichent une activité de l’eau supérieure à 0,70.

La recherche considère ces paramètres comme particulièrement importants dans la stabilité du café. Elle souligne que des niveaux élevés d’activité de l’eau peuvent favoriser les phénomènes d’altération et contribuer à la perte de fraîcheur du café.

La conclusion de l’étude recommande ainsi un contrôle systématique de l’humidité, de l’activité de l’eau, de la température et de l’humidité relative dans les espaces d’entreposage.

Treize points critiques identifiés dans la chaîne du café

L’analyse transversale de la chaîne de production a permis d’identifier 13 points critiques majeurs susceptibles de créer un défaut, d’amplifier un défaut préexistant ou de faire perdre au café une qualité déjà acquise. Ces points concernent notamment :

  • le vieillissement des plantations ;
  • l’utilisation de matériel végétal non certifié ;
  • l’entretien et la protection phytosanitaire irréguliers ;
  • la récolte insuffisamment sélective ;
  • le triage incomplet des cerises ;
  • les capacités et l’organisation des microstations de lavage ;
  • les opérations de fermentation et de lavage ;
  • le séchage ;
  • l’entreposage ;
  • l’activité de l’eau ;
  • l’échantillonnage ;
  • le bulckage, c’est-à-dire le mélange de cafés provenant de différentes conditions de production ou de traitement ;
  • le contrôle final insuffisamment centré sur la qualité sensorielle.

Le chercheur distingue trois grandes catégories : les facteurs susceptibles de créer une mauvaise qualité, ceux qui peuvent détruire une qualité déjà acquise et ceux qui rendent la qualité imprévisible.

La qualité du café, un enjeu également économique

La thèse établit un lien direct entre la qualité et les revenus des producteurs et des coopératives.

Les simulations économiques réalisées montrent notamment qu’un déclassement d’un lot de 19,2 tonnes de K3 vers K4 pourrait entraîner, selon les hypothèses de prix retenues, un manque à gagner compris entre 19 200 et 57 600 dollars américains.

Dans un autre scénario étudié, la renégociation d’un contrat faisant passer le prix de 6 à 3,5 dollars le kilogramme représenterait un manque à gagner de 48 000 dollars pour un lot de 19,2 tonnes.

Ces résultats amènent la recherche à considérer la qualité non seulement comme une caractéristique technique du café, mais aussi comme un actif économique dont la dégradation entraîne une destruction de valeur tout au long de la chaîne.

Vers une traçabilité numérique du café de Butembo

Parmi les perspectives proposées, la thèse accorde une place importante à la numérisation de la filière.

Elle recommande notamment la constitution, au niveau des coopératives, d’un registre numérique permettant d’identifier les producteurs et leurs parcelles, avec des informations sur leur localisation, leur superficie, l’âge des caféiers, les variétés cultivées, l’état phytosanitaire et l’historique de production.

Chaque lot pourrait également recevoir un identifiant unique permettant de relier le café à son producteur, à sa coopérative, à la MSL, aux opérations de transformation, au stockage et à l’exportation.

L’étude propose également l’utilisation d’outils numériques pour renforcer la traçabilité et, à terme, associer les certificats de qualité à des QR codes permettant d’en vérifier l’authenticité.

Des recommandations à l’endroit des coopératives, de l’ONAPAC et de l’État

La recherche propose un plan opérationnel articulé autour de trois catégories d’acteurs : les coopératives de caféiculteurs, l’ONAPAC et le Ministère de l’Agriculture.

Pour les coopératives, elle recommande notamment la traçabilité numérique des producteurs et des parcelles, le renouvellement progressif des plantations, l’encadrement technique des producteurs, la récolte sélective, l’amélioration des MSL, le contrôle du séchage et de l’activité de l’eau ainsi que l’amélioration des conditions d’entreposage.

La recherche préconise également que l’échantillon commercial soit prélevé sur le lot final, après homogénéisation, afin de mieux garantir sa représentativité.

Concernant l’ONAPAC Beni, la thèse recommande notamment la standardisation de l’échantillonnage, la conservation d’échantillons témoins, la numérisation du contrôle et la modernisation des capacités d’analyse physique, physicochimique et sensorielle. Elle propose également le renforcement des compétences en dégustation et assurance qualité ainsi que le recours progressif à l’intelligence artificielle comme outil d’aide à l’analyse des défauts et à la prédiction des risques de déclassement.

À l’endroit du Ministère de l’Agriculture, le travail préconise notamment un programme de renouvellement des plantations, un système permanent d’appui technique, la modernisation des MSL, un mécanisme de financement de la qualité, un programme national de traçabilité et le développement de la recherche appliquée sur le café arabica du Nord-Kivu. THESE GALILEE VERSION 2026 POUR…

« Produire mieux, mesurer mieux, conserver mieux, tracer mieux et valoriser mieux »

Au terme de son analyse, Kambale Musavandalo Galilée conclut que la problématique de la qualité du café arabica dans la région de Butembo est systémique. Elle ne peut être attribuée à une seule étape de la chaîne de valeur.

La recherche souligne que les difficultés observées résultent de l’interaction entre l’état des plantations, les pratiques culturales, la récolte, le traitement post-récolte, le stockage, l’échantillonnage, le bulckage et le contrôle final.

Elle ouvre ainsi des perspectives de recherche sur le rajeunissement des plantations, les systèmes de fertilisation, la gestion phytosanitaire, les méthodes de fermentation, le séchage, la conservation, le stockage et l’évolution de la qualité sensorielle du café.

L’objectif, selon la conclusion de la thèse, est de faire progressivement évoluer la caféiculture de Butembo d’un système principalement fondé sur l’expérience et les pratiques individuelles vers une filière davantage pilotée par la connaissance, la mesure, la traçabilité, la certification et l’innovation.

Une soutenance devant un jury composé de sept scientifiques

La thèse a été présentée devant un jury composé de :

  • Dr Ir Symphorien Kambale Kathavo, Professeur Ordinaire à l’UCG, Président du jury ;
  • Dr Ir Gilbert Paluku Mutiviti, Professeur Ordinaire à l’UCG, Secrétaire ;
  • Dr Ir Charles Kambale Valimunzigha, Professeur Ordinaire à l’UCG, Promoteur ;
  • Dr Ir Jean-Noël Mputu Kayinda, Professeur Ordinaire à l’Université de Kinshasa, membre ;
  • Dr Angélus Mafikiri Tsongo, Professeur Ordinaire à l’UCG, membre ;
  • Dr Ir Roland Foma Kibwega, Professeur à l’Institut Facultaire des Sciences Agronomiques de Yangambi, membre ;
  • Dr Ir Paul Vikanza Katembo, Professeur à l’UCG, membre.

Un exposé scientifique de 45 minutes, suivi des interventions des membres du jury, de questions du public, d’une délibération à huis clos, de la proclamation des résultats  dont la mention Grande Distinction et  couronné par la collation du grade académique de Docteur par le Recteur Magnifique de l’UCG, PO Télesphore Muhindo Malonga.

 

 

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