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UCG-Butembo : l’Ir Masimengo Serge décroche son doctorat en sciences agronomiques

Une recherche innovante sur la fertilisation minérale du manioc pour renforcer la sécurité alimentaire au Nord-Kivu

Butembo, RDC – 16 septembre 2025.
L’Université Catholique du Graben (UCG) vient d’enrichir son corps scientifique d’un nouveau docteur. L’ingénieur Kasereka Masimengo Serge, chef de travaux , a soutenu brillamment sa thèse doctorale dans la salle S1 de l’ITAV, devant un jury académique et un public composé d’enseignants, d’étudiants et de proches.

Sa recherche portait sur un sujet central pour l’avenir de l’agriculture congolaise : « Effets de la fertilisation minérale sur le rendement en racines du manioc (Manihot Esculenta Crantz) en zone tropicale. Cas de Beni-Lubero à l’Est de la RDC. »

Un chercheur enraciné dans son terroir

Né le 7 octobre 1976 à Bambu Mine (territoire de Rutshuru), Serge Masimengo a suivi tout son cursus académique dans le Nord-Kivu. Après ses études primaires à Vutetse et son diplôme d’État obtenu à l’ITAV-Butembo en 1994, il intègre l’UCG où il gravit, pas à pas, toutes les étapes de la formation agronomique :

  • 2006 : diplômé en phytotechnie,
  • 2009 : ingénieur agronome,
  • 2012 : DEA (Diplôme d’Études Approfondies),
  • 2025 : doctorat en sciences agronomiques, mention distinction.

Marié à Joséphine Masika depuis 2001 et père de cinq enfants, il conjugue carrière académique, engagements humanitaires (coordination de projets de sécurité alimentaire) et enseignement à l’Institut supérieur d’études agronomiques, vétérinaires et forestières de Butembo (ISEAVEF).

Manioc au Nord-Kivu : un enjeu vital

Le manioc est la base de l’alimentation en RDC et un pilier économique pour les ménages ruraux. Mais les sols appauvris du Nord-Kivu limitent sa productivité. L’étude de Masimengo s’est intéressée à l’impact des engrais minéraux (N, P, K et leurs combinaisons) sur le rendement et la qualité du manioc dans différents sites de Beni-Lubero.

Des résultats porteurs d’espoir

  • Rendements accrus : les engrais NPK ont permis d’augmenter significativement la production de tubercules, même si les résultats varient selon les localités et les conditions climatiques.
  • Qualité préservée : la teneur en matière sèche et en acide cyanhydrique (HCN) est restée stable, garantissant la sécurité alimentaire.
  • Rentabilité encourageante : les traitements au NPK ont montré des ratios de rentabilité (RVC ≥ 2) favorables, mais nécessitant une adaptation aux coûts locaux et aux contextes agroécologiques.

Des recommandations stratégiques

Le chercheur conclut que l’adoption raisonnée de la fertilisation minérale peut contribuer à la sécurité alimentaire et à l’augmentation des revenus paysans. Toutefois, il insiste sur la nécessité d’adapter les doses d’engrais à l’échelle des terroirs, et d’accompagner les producteurs par des stratégies de vulgarisation et de soutien économique.

Une recherche aux répercussions nationales

Au-delà de Beni-Lubero, cette étude apporte des éléments concrets pour les politiques agricoles de la RDC. Dans un pays qui cherche à booster sa production vivrière, les résultats de Masimengo Serge ouvrent la voie à une fertilisation durable, respectueuse des réalités locales et porteuse de progrès pour des millions de familles rurales.

👉 En bref :
L’UCG-Butembo célèbre non seulement l’ascension académique d’un de ses fils, mais aussi une avancée scientifique majeure pour la résilience agricole au Nord-Kivu.

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